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Cerveau humain contre cerveau électronique

Garry Kasparov perd contre Deeper Blue, l'ordinateur d'IBM. © DR

Un des épisodes célèbres de l'histoire de ce qui est appelé à tort « intelligence artificielle » est le combat qui a opposé joueurs d'échecs et supercalculateurs dans les années 90.

A l'époque, les ordinateurs grand public font leur entrée en grandes pompes dans nos vies quotidiennes. La société dans son ensemble découvre les possibilités de ces machines. Internet n'est encore qu'une idée pour « Happy few ». Dans ce contexte, l'organisation de parties d'échecs entre un ordinateur et un humain à une valeur toute symbolique. Qui, de l'homme ou de la machine, va gagner ? En filigrane, la question est : qui est le plus intelligent... ?

En 1994, la compagnie Intel (fabricant notamment de microprocesseurs) organise un grand prix d'échecs à Londres. Garry Kasparov est le meilleur joueur de tous les temps, il affronte un ordinateur équipé du logiciel ChessGenius. Il perd. Dès le trentième coup, les connaisseurs qui suivent la partie se rendent compte que quelque chose cloche. C'est la toute première fois qu'un champion est battu par une machine en match officiel. Est-elle pour autant plus intelligente ? Evidemment non ! L'ordinateur ne fait que passer au crible des milliards de combinaisons qu'il classe pour pouvoir choisir la meilleure. Et d'ailleurs, malgré cette capacité ébouriffante de calcul, la machine ne peut guère anticiper plus de 7 coups à l'avance ! Une perspective plutôt courte pour élaborer une véritable stratégie. ChessGenius sera d'ailleurs éliminé deux tours plus tard de la compétition par l'indien Vishy Anand. « Les ordinateurs n'ont pas d'intelligence artificielle, commente Jean-Jacques Loiseau. Ce sont plutôt des contrôleurs qui, en calculant, définissent la logique des actions à venir en fonction des évènements qui se produisent. »

L. Salters

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